Brillantissime journal d’un Coprod – Episode 6

« ET SI ON FAISAIT UN FILM ENSEMBLE ! »

Cher Coprods,

Cette phrase résonne dans mon esprit, comme dans le vôtre j’en suis sûr. C’était il y a plus de 4 ans, au début de l’année 2013. Et bien chers Coprods, très bientôt, le 17 Janvier 2018, nous pourrons exulter, car oui les amis, VÔTRE film est dans la boite !!!

Aujourd’hui, dans le dernier épisode du « Brillantissime journal d’un Coprod », c’est avec beaucoup d’émotion que je vais vous conter ces quelques jours qui clôturèrent le tournage de Brillantissime.

3 jours de tournage manquaient à votre film et les acteurs réquisitionnés pour cet ultime voyage furent : Michèle Laroque, Françoise Fabian, Oriane Deschamps, Michaël Youn, Arthur Jacquin, Michel Bompoil et Franck Cicurel.

Mardi 2 Mai, c’est l’hôtel Hyatt du Palais de la Méditerranée qui nous accueillait, face à la promenade des Anglais. Une journée de tournage « mixte », comme on les appelle dans le jargon, c’est-à-dire de jour et de nuit. Le « P.A.T » (prêt à tourner) débutait à 15h et devait se terminer à 23h.

À 13h, l’équipe régie débarquait au 3ème étage de ce superbe hôtel et commençait à installer le HMC (Habillage, Maquillage, Coiffure) ainsi que le bureau de production, respectivement dans un très beau salon de conférence, et dans un salon plus petit mais non moins confortable, bientôt rejoint par les équipes techniques qui elles, installaient leur matériel au 9ème étage, dans la très jolie suite qui servirait de décor à la première scène de la journée. C’était la première et dernière journée de tournage consacrée à Michaël Youn, que nous attendions avec impatience tant il était clair à la lecture du scénario que nous allions tourner une scène absolument drôlissime ! Un petit mot sur cet acteur : un homme simple, gentil et bienveillant, toujours à l’image de notre Michèle adorée qui s’était attelée à choisir ses acteurs pas seulement pour la qualité de leur jeu, mais également pour leur grande humanité. Ambiance suave, couleurs chaudes et musique romantique : le tournage se déroula comme on l’espérait, de la meilleure façon qui soit, ponctué bien évidemment par le rire de notre chère réalisatrice, annonciateur de réussite.

Le soir, nous redescendions notre matériel pour installer notre décor dans ce que nous appellerions le « bar branché ». Parquet somptueux, banquettes de velours bordeaux, murs rouges, comptoir bleuté, éclairages tamisés : le contexte idéal pour une soirée des plus romantiques. Le tournage de la dernière scène de Michaël Youn se passa à merveille, mais nous prîmes néanmoins ce soir-là un tantinet de retard, et c’est à 3h du matin que l’équipe régie regagnait ses pénates, après le rituel « cleanage » des lieux. Il y a quelque chose de formidable et de très valorisant dans ce travail à priori ingrat qu’est le rangement du matériel et le cleanage, c’est qu’après avoir littéralement envahi des lieux par des tonnes de matériel disséminé absolument partout, nous parvenons à faire en sorte de rendre impossible à imaginer que quelques heures plus tôt nous étions dans ces mêmes endroits, tant nous parvenons à faire disparaître la moindre trace de notre passage. Il faut être présent sur une journée de tournage pour prendre la pleine mesure de ce travail réalisé par les équipes, c’est juste incroyable !

Mercredi, c’est le théâtre Francis Gag du Vieux Nice qui nous ouvrait ses portes, pour une seconde journée dite « mixte ». « P.A.T » 15h et fin de journée 00h30.

Nous ne le soupçonnions pas, mais nous allions vivre là l’une des plus extraordinaires journées de tout le tournage de Brillantissime.

100 figurants présents, dont beaucoup de Coprods, mais ce fut également une journée où un autre groupe de Coprods se faufila parmi nous pour assister aux plans, grâce à leur contribution participative qui leur donnait droit à ce moment inoubliable sur le tournage. À titre personnel, c’est moi qui fus chargé d’accueillir et d’accompagner nos Coprods tout au long de cette journée, comme je le fis sur les précédentes, et c’est encore une merveilleuse journée que je vécus avec eux. Le plaisir qu’ils semblaient prendre à être parmi nous me comblait et combla Michèle par la suite, lorsque je lui fis part des merveilleux retours de notre petit groupe. Nous avons également eu la chance de retrouver dans notre groupe de Coprods présents pour la figuration, tous ces visages qui nous étaient familiers, que nous connaissions depuis plus de 4 ans par leur présence constante sur les réseaux sociaux et le travail hallucinant de promotion de notre projet participatif qu’ils firent tout au long de ces années. D’autres Coprods nous faisaient découvrir leur existence et ce fut un vrai bonheur de faire leur connaissance et de mettre un visage, un nom, sur tous ces gens qui rendirent possible la réalisation de ce projet extraordinaire grâce à leur participation.

Laureline et Caroline, gestionnaires du site Facebook et initiatrices des petits lives que vous avez pris j’en suis sûr plaisir à découvrir, nous faisaient également l’honneur de leur visite.

Et c’est tout ce petit monde qui s’installait ici et là, pour assister, heureux je le crois, à une merveilleuse journée de tournage. Folie douce de notre Michèle nationale, notre brillantissime réalisatrice nous offrit un fantastique moment improvisé de communion, où nous nous retrouvâmes tous à danser, sauter dans tous les sens, sur scène et dans la salle, sur un hip hop endiablé entre 2 prises ! Instant de grâce ! Aussitôt cette déconnection totale terminée, notre extraterrestre réal nous lançait dans un calme olympien, un : « Bon, allez, on redevient sérieux ! », comme s’il ne s’était rien passé, comme si nous ne venions pas de vivre un moment absolument magique et juste inoubliable ! Ah Michèle, qui d’autre pour générer une telle folie, de tels moments de joie et de communion aussi intense ?

Ce fut également ce soir-là, le dernier plan de la merveilleuse Françoise Fabian et c’est sous une standing ovation mémorable que, les larmes aux yeux, cette grande dame, monstre sacré du cinéma Français, nous fit son au revoir. De mémoire c’est autour de 1h30 que nos Coprods nous quittèrent, sans oublier la traditionnelle photo-souvenir aux côtés de Michèle, modèle d’abnégation, toujours disponible pour chacun malgré la fatigue qu’on pouvait aisément imaginer, après une longue journée de travail chargée en émotion. 3h30, je franchissais le seuil de mon domicile, heureux de cette belle journée passée tous ensemble.

Jeudi, dernier jour de tournage, mixte également. « P.A.T » 15h30, fin de journée 23h00.

Fébrilement je pris ma dernière feuille de service pour regarder mes transports de la journée et je m’arrêtai un instant sur cette phrase de Michèle écrite en caractères gras : « JE NE VOUS REMERCIERAI JAMAIS ASSEZ D’AVOIR ÉTÉ L’ÉQUIPE QUE VOUS AVEZ ÉTÉ. JE VOUS AIME, MICHÈLE ».

Aucun doute, c’était bien le dernier jour de tournage et à la lecture de ce mot plein d’affection de notre réalisatrice, je fus envahi par l’émotion : non, il n’y aura pas de lendemain. A 23h, le rideau tombera bien sur la scène.

C’est d’abord sur le campus universitaire Sophiatech, de Sophia Antipolis, que nous nous installâmes. Le temps était grisâtre et la pluie finit par faire son apparition. Une ambiance morose flottait dans l’air et je vis poindre la mélancolie sur le visage de beaucoup. C’était le dernier jour mais il fallait malgré tout garder une grande concentration et chacun se mit au travail, faisant abstraction de son ressenti, la machine Brillantissime reprenait de sa superbe, pour conclure son aventure comme elle l’avait commencé, avec brio, dans la plus parfaite des cohésions d’équipes !

Une petite scène dans une salle de cours, une autre dans un bus et rapidement, nous nous dirigions vers le stade de l’Allianz Riviera, pour y tourner l’ultime scène de votre film. La pluie avait cessé depuis un moment et c’est sous un ciel relativement clair de début de soirée que nous entrions par l’entrée des joueurs sur ce magnifique stade de foot. Nos équipes installèrent le matériel, nos figurants prirent place dans les gradins, nos acteurs les rejoignirent, la dernière scène pouvait commencer à se tourner. Inutile de vous dire que comme pour chaque scène du tournage, nous nous sommes bien marrés, il était écrit qu’aucune scène ne se tournerait sans quelques moments des plus tordants, indépendants des scènes en elles-mêmes. Anecdote : nos figurants, jouant le rôle de supporters de foot en plein match, devaient se mettre à hurler comme tout bon supporter qui se respecte, soutenant son équipe favorite, le tout en portant leurs regards de droite à gauche du stade, comme pour simuler les allées et venues de leur équipe. Pour orienter leurs regards sur un même point, Sophie, notre habilleuse de choc, s’est mise à courir d’une cage à l’autre du stade sur la bande d’entraînement, sautant dans tous les sens, faisant de grands moulinets avec ses bras, s’arrêtant ici et là pour faire des mouvements improbables dont elle seule a le secret, le tout sous les hurlements de nos figurants et acteurs. Croyez-moi sur parole, nous étions pliés de rire, ce moment était magique ! Dommage pour notre Michèle adorée, qui n’a pas pu se marrer avec nous, son personnage devait contraster avec les supporters et faire montre de tristesse ! Ah c’est ballot !

Je ne voulais pas que cette scène s’arrête, tant je savais qu’elle était annonciatrice du moment que je redoutais, la fin du tournage de Brillantissime. Malgré toutes mes prières pour qu’un problème technique nous oblige à reporter la scène au lendemain, l’instant fatidique arriva et  un tonnerre d’applaudissements retentit dans le stade dans lequel tous les membres des équipes nous avaient rejoints pour assister à ce moment : « C’ÉTAIT LE DERNIER PLAN DE MICHÈLE LAROQUE !!! » À cet instant, j’ai senti ma gorge se nouer et je dus me faire violence pour ne pas laisser couler mes larmes. Un dernier travail m’attendait : porter un bouquet de fleur à notre réalisatrice émue et des plus émouvantes, et c’est avec dignité que je remplis cette ultime tâche. C’était également la dernière d’Oriane Deschamps, Arthur Jacquin et Michel Bompoil. 3 acteurs des plus attachants, emprunts de cette gentillesse caractéristique de notre Michèle nationale. Si l’on connaît déjà le talent de Michel Bompoil, on connaît moins celui d’Oriane et d’Arthur et je tiens à souligner dans ce dernier journal, et à les féliciter pour la justesse de leur jeu et leur grand professionnalisme. Peu à peu, le matériel fut rangé dans les camions, nous rendirent nos talkies-walkies et j’eus la sensation à ce moment-là que le rangement du matériel se faisait dans un silence particulier, presque pesant et pas du tout habituel, comme si chacun était dans ses pensées, sans doute en train de réaliser que ce merveilleux tournage prenait fin. Bientôt, les portes du stade se refermèrent derrière nous et nous savions à cet instant que c’était également celles de Brillantissime que nous refermions.

Ce dernier soir, comme le soir de la fin de tournage de la première semaine, Michèle nous offrait à tous un dernier repas dans un très bon restaurant, pour conclure en beauté un tournage qui restera gravé dans ma mémoire pour le restant de mon existence. Chants et danses rythmèrent notre soirée et c’est au moment où je sus que j’aurais du mal à contenir mon émotion, que je choisis de dire au revoir à tous ces gens merveilleux.

Je tiens à remercier chaque membre de ce tournage, pour sa gentillesse, sa sincérité dans les rapports, son immense compétence et pour l’accueil qui m’a été fait. Je remercie également tous les Coprods, d’abord parce que sans vous rien n’aurait été possible et parce que c’est grâce à vous que le rêve de notre réalisatrice a pu se réaliser, notre rêve commun : faire un film ensemble ! Je vous remercie également pour l’attention que vous avez porté à ce journal, sachez que j’ai pris un plaisir immense à l’écrire pour vous faire partager l’aventure de Brillantissime de l’intérieur. Merci également pour vos si gentils commentaires qui m’ont beaucoup touché. Humblement, j’ai essayé de retracer chaque semaine de tournage de votre film vu par un Coprod et j’espère y être à peu près parvenu à travers ce journal. Pour conclure, je remercie infiniment Michèle pour ce cadeau extraordinaire qu’elle m’a fait et pour la confiance qu’elle a placée en moi et j’espère également avoir été à la hauteur de ses espérances. Un mot encore. Non chers Coprods, l’aventure n’est pas terminée, nous ne tournons là qu’une page de notre livre, car c’est à présent la post-production qui nous attend, la promotion de votre film, les avant-premières et bien sûr, la sortie de Brillantissime dans les salles ! Bien d’autres moments de réjouissances nous attendent et c’est le cœur léger que nous devons tourner cette page. Bientôt, une fois le film dans les salles, nous pourrons enfin crier bien fort : « ON A FAIT UN FILM ENSEMBLE !!! »

Cédric