Brillantissime journal d’un Coprod – Episode 5

Chers Coprods,

C’est la terre, le ciel et la mer qu’a choisis notre brillantissime réalisatrice pour cette merveilleuse semaine de tournage.
Les acteurs réquisitionnés furent : Michèle Laroque, Kad Merad, Françoise Fabian, Rossy de Palma, Pierre Palmade, Oriane Deschamps, Jean Benguigui, Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Julien Arruti, Elodie Fontan, Moussa Maaskri, Jean-Pierre Sanchez, Dominique Rémy et Sébastien Deux.

Mardi 25 Avril, la caravane de Brillantissime s’installait à Eze, magnifique Village à proximité de St-Jean-Cap-Ferrat. Le matin, le décor devait prendre place tout en haut d’une colline dominant ce très beau village et une multitude de renforts furent nécessaires pour acheminer tout le matériel, car c’est près de 400m d’escaliers à gravir qui nous attendaient et aucun chariot ne pouvait donc être utilisé. C’est à la force des bras de nos équipes que tout le matériel fut hissé en haut de ce sublime lieu médiéval et il est, je crois, inutile de vous spécifier que cette étape nécessaire ne fut pas vraiment une partie de plaisir. La récompense pour tous fut le décor en lui-même, des ruelles moyen-âgeuses très étroites bordées par de sublimes maisons de pierres, et au sommet de ce dédale interminable, une vue époustouflante sur la vallée. Conquis par la beauté des lieux, le tournage pouvait commencer ! Point d’anicroche cette matinée-là, le tournage fut à l’image du décor, idyllique !

L’après-midi changement de décor, nous redescendions le matériel comme nous l’avions monté et c’est quelques kilomètres plus bas, sur une toute petite plage de rêve en contre-bas de St-Jean-Cap-Ferrat que nos caméras s’installaient. Ce tournage est une merveille en tous points, mais cet après-midi fut un peu spécial à mes yeux, et sans doute également aux yeux de notre Michèle adorée, car ce fut l’après-midi consacrée au formidable Pierre Palmade. J’attendais sa venue avec impatience et ce fut pour moi un bonheur absolu de voir notre grand Pierre enfin présent parmi nous. Sensibilité à fleur de peau, gentillesse sans borne, fragilité palpable, Pierre Palmade est un homme qui suscite le calme et la retenue, son charisme suffit à imposer douceur et finesse et c’est sur cette tonalité que l’après-midi de tournage se déroula, accompagné d’une multitude de rires comme vous pouvez vous en douter. Sur le chemin du retour, lorsque nous nous dirigions vers nos véhicules, j’ai entendu Pierre exprimer sa joie d’avoir participé au tournage de Brillantissime et réclamer avec humour que l’on modifie le scénario pour prolonger son personnage. Pierre semblait heureux, nous pouvions rentrer satisfaits, une très belle journée prenait fin sur la plus belle des notes.

Mercredi nos camions prenaient la direction de l’aérodrome de Fayence, à 65km de Nice.
Michèle avait choisi de s’envoyer en l’air et ce fut encore une journée mémorable tant nous nous sommes littéralement tordus de rire ! Les quelques photos très parlantes que nous avons choisi de vous montrer, comme d’ailleurs la vidéo de notre Clem nationale sur cette journée, vous donnent je crois un bel aperçu des tranches de rire que Michèle nous a offertes de part les différentes situations de tournage. Il est d’ailleurs fort heureux que nous ayons pu rire autant car cette journée ne fut toutefois pas des plus idéales pour notre réalisatrice, nos acteurs et nos équipes, car la pluie avait décidé de faire son apparition et des problèmes techniques nous obligèrent à reporter au lendemain une scène de tournage que nous espérions finaliser la veille.
À titre personnel je fus heureux si je puis dire de devoir faire face aux différents problèmes que nous rencontrions ce jour-là, car cela m’aura permis de me rendre compte combien chacun est extrêmement réactif et capable de s’adapter immédiatement aux contraintes en tout genre. Dire que la mécanique de Brillantissime est bien huilée est un doux euphémisme. La pluie obligea nos acteurs à attendre près d’une heure dans le HMC (habillage, maquillage, coiffure), sans savoir si nous pourrions réaliser la scène et c’est après une accalmie en tout début de soirée que Michèle, battante absolue, secoua gentiment tout ce petit monde pour une ultime tentative ! Je peux vous assurer qu’un bon nombre d’acteurs auraient pu rechigner à faire une nouvelle tentative ce jour-là, mais la détermination sans faille de Michèle, son positivisme constant et son envie permanente d’aller plus avant, imposent un respect immédiat et ne donnent qu’une seule envie, être à la hauteur ! J’ai eu la chance de recevoir cette confidence de certains des comédiens : « Michèle force l’admiration de tous et nous donne juste envie de nous dépasser, pour elle et pour nous même ! »

Jeudi nous terminions la scène de la veille à l’aérodrome de Fayence, toujours sous un ciel menaçant et l’après-midi nous regagnions le fameux quartier des musiciens, quartier d’enfance de notre chère réalisatrice, pour refaire une scène que nous avions déjà réalisée en début de tournage mais dont notre perfectionniste Michèle adorée n’était pas satisfaite. Chose incroyable, c’est la veille que nos comédiens furent prévenus de ce petit changement de programme et immédiatement ces derniers se sont rendus disponibles, prenant le premier avion pour nous rejoindre et refaire cette scène. Jean Benguigui me l’a confié : « Pour Michèle tu ne peux que dire oui lorsque tu te rends compte qu’impossible ne veut rien dire pour elle ! »

Vendredi et Samedi nous retournions à l’hôpital Pasteur, pour des scènes en intérieur et en extérieur, de jour et de nuit. Le Jeudi je n’ai pas pu assister au tournage car j’ai effectué des transports toute la journée. C’est l’un des nombreux travaux confiés aux auxiliaires régie, Pick-up dans le jargon. Entre autres transports des comédiens, l’auxiliaire régie peut être amené à passer sa journée en voiture pour aller faire l’achat de fournitures en tout genre, alimentaires ou non, trouver tout ce dont les uns et les autres pourraient avoir besoin dans leur travail respectif. Un chronomètre qui tient la route pour notre scripte par exemple, amener des rushes en urgence à la poste, récupérer la clef d’un parc auprès de la municipalité, de l’aspirine pour ceux qui pourraient en avoir besoin, un joli bouquet de fleur, du papier imprimante pour le bureau de production, de la rubalise pour réserver nos emplacements de véhicules, etc., etc…

Ce jour-là fut rempli d’émotion et c’est grâce à la vidéo de Clem que la dernière scène de Rossy de Palma restera gravée pour l’éternité. Grâce à elle, même absents nous restons présents et pouvons assister après coup aux moments mémorables que nous aurions ratés par nos divers déplacements.

Samedi c’est sur le toit de l’héliport de l’hôpital que nous nous installions, pour une magnifique journée conclue merveilleusement par la dernière scène de Kad Merad. Des consignes dingues nous avaient été données. Nous étions sur le toit d’un hôpital sur lequel des hélicoptères atterrissaient et décollaient pour l’acheminement des patients et nous devions impérativement être capables de déplacer tout le matériel et dégager l’héliport en 10mn chrono, pour permettre aux hélicos d’aller et venir. 10mn, pas une minute de plus ! Notre Régisseur Général nous l’avait clairement dit : « l’hélicoptère n’attendra pas, il atterrira quoi qu’il arrive ! » Je vous laisse imaginer combien nous étions tous sur le qui-vive, près à réagir en un instant au signal de l’arrivée d’un hélicoptère. Au final aucun incident… sinon un verre cassé ! Eh oui, notre adorable Kad Merad nous offrait le verre de l’amitié pour sa dernière journée de tournage et c’est sur le toit de l’héliport que nous nous retrouvions tous, sous un soleil magnifique, pour partager un petit verre de rosé frais, concluant une très belle journée par une super photo de toute l’équipe du film posant devant l’hélicoptère.
Le soir, nous nous retrouvions tous pour la soirée de fin de tournage, annonciatrice d’une extraordinaire page que nous nous apprêtons à tourner. Que dire de cette soirée, sinon qu’elle fut remplie de sourires et de joie, d’accolades, d’embrassades et autres marques d’affections, de musiques, de chants et de danses, ce fut une soirée absolument magique, à l’image de ce fantastique tournage. Je peux vous assurer que notre réalisatrice adorée était pleinement heureuse et son bonheur faisait vraiment plaisir à voir.

Mardi, Mercredi, Jeudi. Ce sont les jours de tournage qui manquent à votre film et nous les conclurons par un dernier journal, plein d’émotion bien évidemment.

Je vous dis donc à Lundi prochain, chers Coprods, pour la suite et fin du « Brillantissime journal d’un coprod »